Il est possible de donner de l’argent à une personne avec laquelle on n’a aucun lien de parenté. La fiscalité est toutefois beaucoup moins favorable que pour une donation entre parents et enfants ou entre grands-parents et petits-enfants.
Lorsqu’une somme constitue réellement une donation entre personnes non parentes, la part taxable est en principe soumise à un taux de 60 %. Il n’existe pas d’abattement familial général comparable à ceux accordés aux membres d’une même famille.
Cela ne signifie cependant pas que chaque cadeau, chaque participation à une collecte ou chaque versement effectué par un ami, un voisin ou un collègue est automatiquement taxé à 60 %.
La nature réelle du versement doit être examinée : présent d’usage, don manuel, prêt, remboursement ou contribution à une cagnotte. Le passage par une cagnotte en ligne ne modifie pas, à lui seul, cette qualification.

Une personne sans lien de parenté est une personne qui n’appartient pas à la famille du donateur au sens retenu pour le calcul des droits de donation.
Il peut notamment s’agir :
- d’un ami ;
- d’un voisin ;
- d’un collègue ;
- d’un concubin non marié et non pacsé ;
- ou d’une autre personne sans lien familial reconnu pour la donation.
Il faut en revanche distinguer cette situation de celle d’un époux ou d’un partenaire lié par un PACS, qui bénéficie d’un régime fiscal spécifique.
Oui. L’absence de lien de parenté n’interdit absolument pas une donation.
Une personne peut donc donner de l’argent à un ami, un voisin, un collègue ou une autre personne de son choix.
La principale différence réside dans le régime fiscal : les donations entre personnes non parentes ne bénéficient généralement pas des abattements familiaux prévus notamment entre parents et enfants.
Le taux applicable à une donation entre personnes sans lien de parenté est en principe de 60 % sur la part taxable.
Contrairement aux donations en ligne directe, ce taux n’est pas progressif : lorsque le régime des non-parents s’applique, la part taxable est soumise à ce taux unique.
C’est pourquoi une donation importante à une personne non parente peut entraîner des droits très élevés.
Il n’existe pas d’abattement familial général comparable à celui applicable entre parents et enfants.
Il existe toutefois certaines règles particulières liées non pas au lien de parenté, mais à la situation personnelle du bénéficiaire.
Notamment, lorsqu’une personne remplit les conditions prévues pour l’abattement applicable aux personnes en situation de handicap, elle peut bénéficier d’un abattement spécifique de 159 325 €, y compris en l’absence de lien de parenté avec le donateur.
Cet avantage est soumis à des conditions précises et ne doit donc pas être considéré comme un abattement général applicable à toute donation entre non-parents.
Une personne remet définitivement 1 000 € à une personne avec laquelle elle n’a aucun lien de parenté, sans remboursement ni contrepartie.
Si cette somme constitue une véritable donation et qu’aucun régime particulier ou abattement spécifique n’est applicable, elle peut être soumise au taux de 60 %.
Dans cet exemple simplifié, les droits pourraient donc atteindre 600 €.
Cela ne signifie pas qu’un cadeau d’anniversaire de 50 ou 100 € offert dans un contexte habituel serait automatiquement soumis au même traitement.
Une personne souhaite donner définitivement 10 000 € à un proche qui n’est ni un membre de sa famille, ni son époux, ni son partenaire de PACS.
Si le régime des personnes non parentes s’applique et qu’aucun abattement particulier n’est disponible, les droits peuvent atteindre 6 000 €.
Pour une donation de cette importance, il est donc particulièrement utile d’anticiper les conséquences fiscales avant d’effectuer le versement.
Non, pas automatiquement.
Un cadeau offert à l’occasion d’un anniversaire, d’un mariage, de Noël ou d’un autre événement particulier peut relever du présent d’usage.
Pour cela, sa valeur doit rester raisonnable compte tenu :
de l’occasion ;
de la personne qui reçoit le cadeau ;
des revenus du donateur ;
de son patrimoine.
Un présent d’usage n’a pas à être déclaré comme un don manuel. Il n’existe cependant aucun montant ou pourcentage universel permettant de déterminer automatiquement qu’un cadeau entre dans cette catégorie.
| Situation | Qualification possible | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Petit cadeau d’anniversaire raisonnable | Présent d’usage possible | Pas de déclaration comme don manuel |
| Somme importante remise définitivement | Don manuel | Déclaration et droits à examiner |
| Somme devant être remboursée | Prêt | Règles des prêts entre particuliers |
| Remboursement d’une dépense avancée | Remboursement | Ce n’est normalement pas une donation |
Un concubin qui n’est ni marié ni lié par un PACS au donateur est traité fiscalement comme une personne sans lien de parenté pour les droits de donation.
Une donation entre concubins ne bénéficie donc d’aucun abattement général et est en principe taxée à 60 %.
Cette situation ne doit pas être confondue avec celle des couples mariés ou pacsés.
Un époux ou partenaire de PACS ne relève pas du régime fiscal général des personnes sans lien de parenté.
Les époux et partenaires de PACS disposent notamment d’un abattement spécifique de 80 724 € pour les donations, puis d’un barème propre lorsque la donation dépasse les abattements disponibles. Il est donc essentiel de déterminer la situation juridique exacte du couple avant d’appliquer le taux de 60 %.
Oui lorsqu’il s’agit réellement d’un don manuel.
La déclaration incombe en principe à la personne qui reçoit le don, appelée le donataire.
Un don manuel doit être déclaré même lorsqu’il ne donne finalement lieu à aucun droit, par exemple lorsqu’un abattement particulier est applicable.
Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons manuels doit en principe être effectuée en ligne, sauf exceptions.
Le bénéficiaire peut effectuer la démarche depuis son espace personnel sur impots.gouv.fr :
se connecter à son espace Finances publiques ;
ouvrir la rubrique « Déclarer » ;
choisir « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux » ;
indiquer l’identité du donateur ;
renseigner le montant et la nature du don ;
valider la déclaration et régler les éventuels droits.
Dans les situations faisant partie des exceptions à l’obligation de déclaration en ligne, une déclaration papier peut encore être utilisée selon les modalités prévues par l’administration.
En principe, les droits sont dus par le bénéficiaire de la donation.
Le donateur peut néanmoins décider de prendre lui-même les droits à sa charge. L’administration admet que ce paiement ne constitue pas, à lui seul, un complément de donation. Pour une donation importante entre personnes non parentes, cette question peut avoir une incidence financière majeure compte tenu du taux applicable.
Non. Il serait trop simpliste de prendre le montant total d’une cagnotte et de lui appliquer automatiquement le taux des donations entre non-parents.
Une collecte solidaire peut réunir :
- des dizaines ou centaines de contributeurs ;
- de nombreuses participations de faible montant ;
- des proches et des personnes inconnues du bénéficiaire ;
- des versements dont les montants sont très différents.
Le montant global de la cagnotte ne correspond donc pas nécessairement à une seule donation effectuée par une seule personne.
Pour une collecte importante, publique ou atypique, il peut être utile d’obtenir une analyse adaptée auprès de l’administration fiscale ou d’un professionnel.
Une cagnotte solidaire atteint 2 000 € grâce à 100 participants ayant versé chacun 20 €.
Il ne faut pas automatiquement analyser cette situation comme si une seule personne avait réalisé une donation de 2 000 €.
La cagnotte regroupe en réalité de nombreuses contributions distinctes, dont la qualification doit être appréciée selon le contexte de la collecte.
La situation est différente lorsqu’une seule personne sans lien de parenté verse une somme de 20 000 € au bénéficiaire sans remboursement ni contrepartie.
Un tel versement présente davantage les caractéristiques d’une donation importante et doit faire l’objet d’une analyse fiscale spécifique.
Le passage par une plateforme de cagnotte ne suffit pas à modifier cette qualification.
Lorsque le bénéficiaire s’engage à restituer l’argent, il ne s’agit normalement pas d’une donation définitive.
La somme relève davantage d’un prêt entre particuliers, qui possède ses propres règles de preuve et de déclaration.
Consultez notre guide don ou prêt entre particuliers : comment faire la différence ?.
Un ami est l’un des exemples les plus courants de personne sans lien de parenté, mais les deux intentions de recherche ne sont pas totalement identiques.
Cette page présente le régime général des donations sans lien de parenté, qui peut notamment concerner un ami, un voisin, un collègue ou un concubin.
Pour une donation ou une collecte importante, il peut être utile de conserver :
l’historique de la cagnotte ;
le montant des contributions importantes ;
l’identité des principaux contributeurs lorsqu’elle est disponible ;
la date des versements ;
le motif de la collecte ou du don ;
les déclarations fiscales effectuées ;
les preuves des transferts de fonds.
Il est possible de faire une donation à une personne avec laquelle on n’a aucun lien de parenté, mais la fiscalité est généralement beaucoup moins favorable que pour une donation familiale.
En l’absence de régime particulier, la part taxable d’une donation entre personnes non parentes est en principe soumise au taux de 60 %.
Un présent d’usage raisonnable n’est toutefois pas traité comme une donation ordinaire, et une cagnotte regroupant de nombreuses contributions ne doit pas automatiquement être considérée comme une donation unique correspondant à son montant total.
Enfin, lorsqu’une somme doit être remboursée, il faut plutôt examiner les règles applicables au prêt entre particuliers.
Oui. L’absence de lien de parenté n’interdit pas une donation, mais le régime fiscal est généralement moins favorable que pour une donation familiale.
La part taxable d’une donation entre personnes non parentes est en principe soumise au taux de 60 %, hors régime particulier éventuellement applicable.
Il n’existe pas d’abattement familial général comparable à celui applicable entre parents et enfants. Certaines situations personnelles, notamment certains handicaps, peuvent néanmoins ouvrir droit à un abattement spécifique.
Oui, lorsqu’elle remplit les conditions prévues. L’abattement spécifique peut atteindre 159 325 € et peut s’appliquer même sans lien de parenté avec le donateur.
Oui en principe lorsque les personnes vivent en concubinage sans être mariées ni liées par un PACS. Les donations entre concubins ne bénéficient pas d’abattement général et sont soumises au taux de 60 %.
Le partenaire de PACS bénéficie d’un régime fiscal spécifique pour les donations et ne doit donc pas être traité comme un simple bénéficiaire sans lien de parenté.
Pas automatiquement. Un cadeau raisonnable offert à l’occasion d’un événement particulier peut relever du présent d’usage et ne pas être traité comme un don manuel.
Oui. Lorsqu’une somme constitue réellement un don manuel, son bénéficiaire doit en principe déclarer le don reçu à l’administration fiscale.
Non. Une cagnotte peut réunir de nombreuses contributions distinctes provenant de personnes différentes. La nature de chaque versement doit être appréciée selon son contexte.
En principe, le bénéficiaire de la donation est redevable des droits. Le donateur peut néanmoins les prendre à sa charge dans les conditions admises par l’administration fiscale.
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