ON VA SE LES FAIRE — Une cagnotte pour rendre justice aux femmes victimes de violences sexistes et sexuelles
Cette cagnotte a pour objet de financer la création d'un dispositif intégré de premier secours pour les femmes victimes de violences sexuelles et sexistes en France : une maison-refuge novatrice, conçue comme un sas de décompression en circuit court pour accueillir les victimes en état de choc dans les heures qui suivent une agression, prolongée par une plateforme numérique gratuite, onvaselesfaire.fr, qui rend la même logique d'accompagnement juridique accessible à toutes, partout en France, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Le constat est insupportable. La réponse, à construire.
En 2024, les services de sécurité ont enregistré 122 600 victimes de violences sexuelles en France. À 85 %, ce sont des femmes. 58 % sont mineures. Mais derrière ces chiffres, un autre, plus insoutenable encore : 86 % des affaires de violences sexuelles sont classées sans suite, et 94 % des viols ne donnent jamais lieu à un procès.
Une victime de violences au sein du couple sur cinq, seulement, dépose plainte. Et lorsqu'elle franchit cette porte du commissariat, deux tiers des plaignantes déclarent avoir été mal accueillies, banalisées, parfois moquées.
Cela signifie que chaque jour, en France, des dizaines de milliers de femmes choisissent de se taire — non parce qu'elles ont oublié, non parce qu'elles ont pardonné, mais parce qu'elles savent que le système ne les écoutera pas, ne les croira pas, ne les protégera pas.
L'impunité n'est plus l'exception, elle est devenue la règle. La République, qui leur doit protection, leur tourne le dos et la Justice se retrouve accusée à tort.
Cette cagnotte existe pour renverser ce rapport de force. Le projet qu'elle finance a été conçu par un avocat au Barreau de Paris et des praticiens du droit aux côtés de médecins, psychologues, associations de terrain, artistes, développeurs engagés pour que la justice cesse d'être un horizon inaccessible et redevienne un droit effectif.
Le projet : créer la bulle de CARE qui manque entre l'agression et les obligations médicales et légales
Aujourd'hui, lorsqu'une femme vient de subir une agression sexuelle ou des violences graves, elle se retrouve seule face à une alternative impossible.
Soit elle pousse, dans les heures qui suivent, la porte d'un commissariat — où elle sera entendue par un agent qu'elle ne connaît pas, dans un cadre froid, sans préparation, alors qu'elle est encore en état de choc. Soit elle se rend aux urgences hospitalières, où la prise en charge est strictement médicale, où le temps manque, où les psychologues ne sont pas toujours disponibles. Soit elle rentre chez elle. Et le plus souvent, elle rentre chez elle. Et le plus souvent, elle se tait.
Entre l'instant de l'agression et la première décision lucide qu'une victime peut prendre, il manque un lieu. Un seul. Ce lieu, nous voulons le créer.
La maison-refuge financée par cette cagnotte n'est ni un hébergement d'urgence de longue durée, ni un dispositif administratif, ni une chambre d'hôpital. C'est un sas. Un sas de décompression en circuit court, ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où une victime peut être accueillie immédiatement, sans condition préalable, sans formulaire, sans plainte déposée, sans diagnostic posé. On y entre parce qu'on en a besoin.
Le lieu est pensé pour être familier, chaleureux, sécurisant — l'inverse exact d'une institution. Un environnement domestique, lumineux, silencieux, où la victime puisse avant tout dormir, manger, se laver, respirer.
L'équipe pluridisciplinaire qui l'entoure est composée de pair-aidantes — d'anciennes victimes formées à l'accompagnement —, de psychologues spécialisés dans le psychotraumatisme, d'avocates, de médecins, de travailleuses sociales.